18 décembre 2024
Par Samuel TRIAS
Des ami·e·s arrivent en soirée, échangent, rient. L’atmosphère est dense. Et soudain, la peur du vide, de l’absence, de l’oubli remonte. Le chœur se calme, entoure le soliste et l’interroge : — L’orage arrive, il va pleuvoir. Où iras-tu, petit oiseau ? — Entre les branches. Mon plumage ne sera jamais trempé. Alors le chœur, pareil aux branches de l’arbre, devient refuge. La crise passée, une question demeure : que faire de ce vide qui nous sépare ? En musique, la réponse surgit comme un credo : *L’histoire se répète à l’infini, comme si l’on n’avançait pas, jusqu’à ce qu’on accepte l’importance du vide, qui nous lie et qui nous sépare. Au centre du vortex, un équilibre qui jamais ne se dégrade, jusqu’à ce qu’on accepte l’importance du vide, qui nous brise, qui nous répare.* Ce conte musical ne cherche pas à résoudre les questions existentielles qu’il traverse. Il propose plutôt d’y faire circuler de la joie, du jeu et du commun. Le vide y devient un lieu actif : ce qui permet l’écoute, la rencontre, la transformation du groupe. C'est un projet essentiel dans mon parcours d'artiste, qui m'a aidé à structurer ma façon de raconter des histoires en musique.
