01 juillet 2023
Par Samuel TRIAS
Le public est accueilli dès l’entrée par le chœur avançant depuis le fond de l’église sur Dios te salve Maria , comme une procession festive. Un conteur se détache alors du groupe pour prendre la parole : Surpris de voir du public ici, il présente ces anciens joueurs et supporters réunis pour fêter la mémoire, vingt ans après, d'une saison « hors norme ». Commence un récit fait de matchs improbables, de troisièmes mi-temps, de voyages à Mauléon puis jusqu’en Écosse, et surtout de la rencontre avec un coach basque haut en couleur — figure rugueuse et tendre qui marquera l’équipe à jamais. Au fil du récit s’enchaînent chants traditionnels basques (Bagare, Boga Boga, Ez Ginuke), hymnes populaires comme le Fandango du Pays basque, ou encore O Flower of Scotland ou La Javanaise. La musique devient le véritable fil dramaturgique : elle accompagne les victoires, les fêtes, mais aussi le deuil du coach et la finale haletante contre Toulouse. Le concert finit par un hymne composé par les choristes, et la fiction rejoint l'identité bien réelle des rugueux. Partagé entre humour de vestiaire et émotion collective, Le Bel Âge célèbre avant tout une culture où le chant prolonge le match, et le collectif fait tenir debout. Cette première expérience de chef participant à la narration du concert en créant un conte musical fut marquante. Depuis, j'essaie à chaque saison de trouver une façon de conter les concerts, pour que la musique résonne encore plus forte.